Saheed Sanni poursuit sa mission en envoyant des vêtements à Haïti

Publié à 0h00 le jeudi 11 mars 2010
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SAINT-LÉONARD - Domicilié à Saint-Léonard, Saheed Sanni garde espoir de recueillir suffisamment de vêtements au cours des prochaines semaines afin de remplir une remorque qu'il enverra ensuite à Haïti.

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Photo ML
Saheed Sanni et sa fille, Rashida, acceptent des dons de vêtements faits par des gens de la région ainsi que par les magasins Giant Tiger et Wal-Mart de Grand-Sault ainsi qu'amassés par Carole Leclerc au bureau de La Cataracte le mois dernier. Ces vêtements seront par la suite expédiés par M. Sanni à Haïti.

Selon Saheed Sanni, les vêtements seront ensuite distribués par des bénévoles de la Croix-Rouge qui travaillent en étroite collaboration avec les personnes touchées par le séisme survenu le 12 janvier. "Je travaille étroitement avec la Cogerno et la Croix-Rouge d'Edmundston. Ces deux organisations, qui me fournissent divers vêtements, ont été extrêmement utiles. Je fais cela depuis neuf mois", déclare-t-il.

Avant de prendre la décision de s'établir à Saint-Léonard, Saheed Sanni travaillait à la cuisine de l'Atelier, organisme dont les locaux sont situés à Edmundston, et venait de perdre son emploi chez Primus. "Je voyais que beaucoup de vêtements laissés à l'Atelier RADO étaient jetés. Lorsque j'ai demandé au directeur de l'Atelier RADO pourquoi il en était ainsi, il m'a dit que personne ne voulait les acheter, explique-t-il. Je lui ai dit que j'avais une idée, mais que je devais avoir suffisamment de ressources pour la réaliser. C'est alors que la Cogerno m'est venue en aide et m'a offert de me parrainer."

Par la suite, Saheed Sanni confirme avoir envoyé un premier conteneur de vêtements au Sénégal. "Mes contacts dans ce pays me renvoient des images de ce qui s'est passé lorsque le conteneur est arrivé à destination. Des enfants et des adultes tentaient d'entrer dans le conteneur. Mes amis ont distribué des vêtements, tandis que d'autres ont été vendus pour 50 cents chacun. Jusqu'à maintenant, j'ai envoyé six conteneurs de vêtements", poursuit-il.

Toujours selon M. Sanni, les vêtements qui sont donnés sont divisés en différentes catégories, dont les vêtements pour hommes, femmes et enfants, et ce, par des gens travaillant pour lui. "Ensuite, les vêtements sont mis dans des sacs qui sont placés dans une remorque qui, présentement, est stationnée sur un terrain municipal à Saint-Léonard. Une fois que la remorque sera pleine, elle sera conduite dans un port d'où elle sera expédiée à destination d'Haïti."

Par ailleurs, il ne s'agit pas de la première fois que de tels conteneurs sont envoyés outre-mer, car M. Sanni en a déjà envoyé au Sénégal, à Sierra Leone et en Gambie. "Je compte sur l'envoi prochain de ce conteneur à Haïti. Bien que la nourriture soit maintenant disponible par l'entremise de différents organismes de bienfaisance, les gens ont désespérément besoin de vêtements."

Une fois qu'il aura rempli 1 000 sacs de vêtements, Saheed Sanni expédiera le tout à Haïti. "Sans ces 1 000 sacs, c'est inutile. Il s'agit d'un conteneur de 40 pieds, ce qui signifie qu'il y a beaucoup d'espace, explique-t-il. À un certain moment, j'aurai besoin de beaucoup d'aide, car je ne peux pas continuer à utiliser mes propres ressources. J'ai besoin d'un groupe ou d'une entreprise qui est en mesure de payer 60 % des frais d'expédition directement et je paierai le reste, soit 40 %."

Toujours d'après l'entrepreneur, les frais de port dépendent du pays où le contenu est envoyé. "Par exemple, lorsqu'on souhaite envoyer un conteneur au Sénégal, il en coûte environ 9 500 $, montant que j'ai payé plus de trois fois déjà. Pour l'Haïti, le coût est moins élevé, car ce pays est plus près. Le coût s'élèverait entre 8 000 $ et 8 500 $ pour la location du conteneur de 40 pieds, le paiement des frais de douanes, etc. Le coût est plus élevé pour la location de conteneurs et le port lui-même", ajoute M. Sanni.

Une fois que le conteneur arrivera à Haïti, la Croix-Rouge se chargera de la distribution des vêtements, alors que dans le cas de la Gambie ou du Sénégal, ce n'est pas la Croix-Rouge qui fait ce travail. "Ce sont les membres de la famille et des gens que j'ai connus au cours des années qui s'occupent de la distribution. Je suis originaire du Nigéria, mais j'ai grandi au Libéria", ajoute-t-il.

M. Sanni demeure à Saint-Léonard depuis plus de six mois avec sa fille, Rashida, et ce, après avoir habité et travaillé à Edmundston. "J'aime ce que je fais. J'ai un baccalauréat en relations internationales. Alors, pourquoi ne pas utiliser mes connaissances et mes relations pour aider des personnes."

Pour leur part, les personnes intéressées à faire des dons de vêtements peuvent communiquer avec Saheed Sanni en composant le 740.3933. "Je peux demander à l'un des membres de mon équipe de recueillir les vêtements ou les gens peuvent tout simplement apporter leurs dons au magasin Bonichoix de Saint-Léonard, précise-t-il. Je travaille toujours pour l'obtention de mon propre entrepôt, mais en attendant, le Bonichoix a accepté de recueillir les dons de vêtements pour mon projet."

Finalement, Saheed Sanni indique qu'il ne fait pas tout ce travail pour la gloire, mais bien de bon cœur. "Ce n'est pas seulement pour le Haïti, mais pour d'autres pays. Toutefois, pour l'instant, les vêtements donnés seront envoyés à Haïti. De plus, j'ai encore d'autres projets. Toute personne intéressée à en savoir davantage peut communiquer avec moi. Une fois que ces vêtements seront livrés, je vais me concentrer sur un autre pays. Je ne veux pas qu'on pense qu'il s'agit seulement d'Haïti", conclut-il.

 

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